samedi 24 septembre 2011

Installations électriques 3

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Installations électriques 3

Branchement des conducteurs.

METHODE A SUIVRE.


Pour des raisons d'esthétique, la gaine et les boîtes de dérivation sont généralement cachées dans les cloisons, sols ou plafonds, dans des saignées ouvertes à la masse ou à la meuleuse. Ces dernières seront ensuite rebouchées au ciment (veillez à ne pas en laisser entrer dans la gaine).

TRAJET DES GAINES.


Une fois dissimulées dans les cloisons, les gaines sont imperceptibles sous la peinture ou le papier peint. Percer deviendrait dangereux. C'est pourquoi il est recommandé de suivre un trajet bien particulier pour la pose des gaines (voyez le dessin), ou de faire un schéma ou de prendre une photo.

TUBES EXTERIEURS.


Les tubes placés contre une cloison doivent être fixés à l'aide de colliers distants de 30 cm si le tube est horizontal, de 45 cm s'il est vertical. Si vous utilisez une pièce coudée, placez un collier à 10 cm au maximum de chacune de ses extrémités (idem pour les boîtes, prises, interrupteurs).

LES CABLES SOUPLES.


Outre les conducteurs rigides, placés dans un tube, il existe des câbles souples groupant plusieurs conducteurs dans une enveloppe de plastique souple: VVB, VTLB, VTMB,... Ces câbles peuvent être placés dans ou contre une cloison, et sont idéaux pour une contre-cloison. Voyez 'trajet des gaines'.

LES PLINTHES.

Il existe encore des plinthes de plastique spéciales, nommées 'goulottes', prêtes à accueillir les câbles et dans lesquelles il est très facile de placer prises ou interrupteurs. Ces plinthes sont simplement collées ou vissées dans le mur. Elles offrent une solution rapide et esthétique.

Couper et dénuder les fils.

LE COUTEAU.

Vous devrez tout d'abord fendre longitudinalement la gaine souple qui rassemble les conducteurs, ou, dans le cas d'un conducteur méplat à deux brins parallèles, séparer les deux brins. Utilisez pour ce faire un couteau d'électricien ou un 'cutter'.

LA PINCE A DENUDER.


Le bec d'une pince à dénuder est muni d'une ouverture en 'V' très coupante et qui détache l'isolant protégeant l'âme du conducteur. Une vis de réglage permet d'adapter l'ouverture au diamètre du brin. La pince coupe et détache donc l'isolant sans endommager le conducteur.

DENUDER LES BRINS.


Une fois le tronçon d'isolant découpé, il peut glisser le long du fil de cuivre. Ne dénudez pas sur plus d'un centimètre, ce qui ne présente aucune difficulté si vous utilisez une pince à dénuder automatique: elles sont en effet préréglées à cette longueur.

LES BRINS.


Tordez fermement les filaments de cuivre, afin qu'ils ne forment qu'un câble bien compact que vous glisserez facilement dans la borne. Il peut également être nécessaire de les recourber à l'aide d'une pince à long bec, toujours pour faciliter leur introduction dans les contacts.

L'ISOLATION.


Un conducteur dont la gaine isolante est endommagée présente un danger. Vous devez le remplacer. Ceci peut se produire avec des conducteurs rigides sous tube comme avec des câbles souples. Dans ce dernier cas, réparez la gaine isolante avec du ruban adhésif spécial.

Les prises.

PRISES APPARENTES/A ENCASTRER.


Les circuits électriques, par l'intermédiaire des boîtes de dérivation et des interrupteurs, alimentent les prises. Celles-ci peuvent être apparentes et fixées contre le mur, ou encastrées. Dans ce cas vous devrez d'abord pratiquer des ouvertures dans le mur.

LE BRANCHEMENT.


Raccordez le fil de terre, jaune et vert, à la borne de terre signalée par le symbole habituel (trois traits horizontaux). Le fil de phase est relié à la borne marquée d'un 'P', le neutre à la borne restante.

FIXATION.



Sur les bords droit et gauche du cadre métallique de la prise se trouvent deux fixations destinées à le maintenir en place dans le boîtier. Si nécessaire, desserrez un peu ces fixations, remettez en place le contenu du boîtier puis vissez. Replacez ensuite le couvercle.

SECURITE ENFANTS.

Les enfants jouent avec les prises électriques. Choisissez des modèles équipés d'une sécurité enfants, dont les trous sont masqués par une plaque pivotante que vous devez tourner d'un demi tour pour avoir accès aux contacts, ou des modèles équipés d'un obturateur spécial appelé éclips.

LES DERIVATIONS.



Dans les constructions neuves, on utilise des boîtes de dérivation. Dans un bâtiment ancien, il est parfois difficile de retrouver une boîte. Le plus simple est de dériver l'alimentation d'une prise existante, si le circuit ne comporte pas plus de 8 prises, et si le câble a une section de 2,5 mm².

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Installations électriques 2

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Installations électriques 2

Les coupe-circuits

CALCULS.

La tension requise pour l'alimentation des appareils ménagers est de 220 V. Si elle ne varie pas, la puissance demandée au circuit peut par contre aller de 60 watts, dans le cas d'une lampe, à plus de 2 kilowatts pour une machine à laver. La puissance maximale pouvant être délivrée par un circuit dépend de la valeur du coupe-circuit: 2200W (=220x10) pour 10A, etc. Pour les circuits demandant une faible puissance, un coupe-circuit de 10A suffit; pour les circuits de plus forte puissance, prévoyez des calibres plus importants.

ELEMENTS DE CALIBRAGE.


Le calibre attribué à la protection de chaque circuit doit être respecté, pour éviter tout risque de surcharge sans entrée en action du coupe-circuit. Ce dernier peut être repéré par un élément de calibrage; il peut aussi s'agir d'un disjoncteur modulaire à monter sur le rail.

LES FUSIBLES.


Dès que l'intensité maximale admissible pour un fusible donné est atteinte (elle est aussi signalée par des couleurs différentes), celui-ci fond et il doit alors être remplacé. Il est préférable de remplacer les anciens fusibles de 6, 10 et 15 A par des cartouches de 6, 10 et 16 A.

DISJONCTEUR AUTOMATIQUE.


Sur ce type de disjoncteur se trouve un levier ou un bouton qui se met en position 'hors service' en cas de surcharge ou de court-circuit. Pour rétablir le courant, il suffit de remettre le levier en position initiale. Supprimez d'abord la cause de la panne, ou débranchez l'appareil défectueux.

DISJONCTEUR DIFFERENTIEL.

Ce type de disjoncteur se monte avec l'armoire. Il coupe l'alimentation lorsqu'il détecte un courant d'intensité supérieure à 300 mA dans le circuit de mise à la terre. Il est prudent de placer également des disjoncteurs différentiels de 30 mA pour des pièces comme la salle de bains.

Le câblage.

LA PHASE ET LE NEUTRE.

Deux fils sont nécessaires à la circulation du courant: la phase ('aller') et le neutre ('retour'). Une différence de potentiel existe entre ces deux fils. Lorsqu'ils sont mis en contact (circuit ouvert par l'action de l'interrupteur), le courant électrique circule.

LA PRISE DE TERRE.


C'est une sécurité indispensable: en cas de contact accidentel d'une personne avec le courant électrique, celui-ci serait dévié, via la prise de terre, jusqu'à la borne de terre. Les appareils électriques situés dans une pièce humide ou utilisant de l'eau doivent donc être reliés à la terre.

LA PHASE.


Le fil de phase peut être brun ou noir. Il est brun dans le cas du conducteur rigide de l'installation fixe, mais souvent noir dans les câbles souples reliant une lampe à l'interrupteur.

LES COULEURS.

La sécurité est une priorité absolue dans le domaine de l'électricité. C'est pourquoi un code de couleurs standard est appliqué partout. Celui-ci ayant cependant été modifié en 1970, il est préférable d'en connaître les deux versions (voyez ci-dessous). Lorsque vous installez un circuit électrique, respectez donc toujours ces codes. Pour les luminaires, coupez le fil de phase au niveau de l'interrupteur et laissez courir le neutre sans interruption jusqu'à la lampe. Si vous inversez le câblage, la lampe sera toujours sous tension !

LES GAINES.


Les conducteurs reliant l'armoire de distribution aux points d'alimentation du circuit doivent être protégés. C'est pourquoi ils passent, à travers les murs, dans des tuyaux de PVC ou des gaines de plastique annelé flexible. Ils sont généralement groupés par 5 (soit 3 de 2,5 mm2 et 2 de 1,5mm2). COMBIEN DE CONDUCTEURS ET LESQUELS PEUVENT ETRE INSTALLES DANS LES TUBES EN PVC

LES COUDES.


Vous pouvez couder les tubes à l'aide d'un ressort à cintrer, mais il est bien plus facile d'utiliser des tronçons coudés spéciaux, aux extrémités desquelles vous glisserez les deux tronçons de tube. Pour placer les câbles dans les gaines longues, aidez-vous d'un tire-fils.

LE TIRE-FILS.


Les conducteurs de circuit (rigides) sont dénudés sur 10 cm puis fixés à l'extrémité du tire-fils. Les autres câbles (dénudés sur 4 cm) sont fixés au premier. Travaillez à deux, l'un poussant pendant que l'autre tire. Prévoyez toujours un léger excédent de câble de +/- 10 cm (en réserve).

LES DERIVATIONS.


Réalisez les dérivations à l'aide de boîtes de dérivation (apparentes ou encastrées; étanches pour les pièces humides). Elles sont pourvues d'empreintes concentriques de différents diamètres. Evidez l'ouverture convenant à la gaine de PVC. La boîte héberge les bornes de raccordement.

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Installations électriques 1

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Installations électriques 1

Liste de matériel.


Principes de base.

INTENSITE D'UN COURANT.




L'intensité est la quantité d'électricité qui peut traverser un conducteur donné. A tension égale, un conducteur laisse passer d'autant plus d'électricité que son diamètre est important. L'intensité d'un courant s'exprime en ampères (A) ou en milliampères (mA).



TENSION.


La tension peut se comparer à la pression de l'eau. A une pression élevée, il est possible, dans le même laps de temps, de transporter une plus grande quantité d'eau. Une tension élevée permet donc de faire circuler davantage d'électricité. La tension est exprimée en volts (V).


RESISTANCE.

Pour transporter l'électricité, on utilise des matériaux de faible résistance (le cuivre par exemple).
La résistance d'un conducteur dépend de sa longueur, de son diamètre et de la nature du matériau qui le compose. Elle s'exprime en ohms (symbole: û).

PUISSANCE.


L'électricité est transformée en chaleur, en lumière ou en mouvement. Pourtant, toutes les lampes n'éclairent pas de la même façon et tous les moteurs n'ont pas la même puissance. Les appareils électriques sont donc tous munis d'une plaque indiquant leur puissance (unité de mesure: le watt (W).

CONSOMMATION.

La consommation découle de la puissance. Il vous suffit de multiplier la puissance (en watt ou kilowatt) par le temps réel de fonctionnement. L'unité de consommation est le kilowatt/heure (kWh) ou, en d'autres mots, une consommation d'1 kilowatt signifie 1000 watts durant une période d'une heure. Un petit convecteur de chaleur de 1500W qui fonctionne une heure sans interruption consomme 1500 watts/heure ou 1,5 kilowatt/heure (kWh). Une veilleuse de 17W doit brûler pendant 59 heures pour consommer 1 kWh. La consommation est enregistrée par le compteur électrique.

Mise à la terre.
CONSTRUCTION OU EXTENSION.


La mise à la terre (électrode de terre) dévie le courant dans le cas où quelqu'un serait en contact avec un appareil défectueux. Il est donc obligatoire de prévoir dans les fondations des murs extérieurs (profondeur: 60 cm min.) une boucle de terre (en cuivre) d'au moins 35 mm2 de section.

BARRETTE DE COUPURE.


Les bouts de la boucle en cuivre se fixent sur une borne de raccordement. La résistance du conducteur de terre ne peut excéder 100 ohms, sinon vous devrez utiliser des piquets galvanisés à enfoncer en terre. Une barrette de coupure (obligatoire!) permet de mesurer la résistance de la terre.

RENOVATION.


Dans ce cas, il suffit d'introduire dans le sol des piquets de terre galvanisés. Vous obtiendrez ainsi une résistance de dispersion de max. 100 ohms. Le raccord du piquet et de la barrette de coupure se fait à l'aide d'un conducteur de cuivre isolé (jaune-vert) d'au moins 16 mm2.

LIAISON EQUIPOTENTIELLE.

Même une mise à la terre correcte n'empêche pas le courant de traverser des éléments conducteurs étrangers à l'installation électrique: pièces métalliques de la structure de construction, châssis en alu, profilés en acier,.. C'est pour cela qu'on a recours à une liaison équipotentielle. Elle relie entre elles et à la terre toutes les parties conductrices accessibles de la construction et toutes les canalisations de gaz, d'eau et de chauffage. En outre, il existe des liaisons équipotentielles supplémentaires, entre autres à la salle de bains (voir rubrique à ce sujet).

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mercredi 21 septembre 2011

Techniques de modélisation de la production éolienne

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Techniques de modélisation de la production éolienne
Loi de Weibull.

La vitesse du vent en un site donné est communément considérée comme une variable aléatoire suivant une loi de Weibull à 2 paramètres, dits paramètres d’échelle k et de forme λ :


La Figure 1 présente l’allure de ces courbes, pour quelques valeurs de λ et k. Pour un site offshore belge, les valeurs typiques des paramètres sont k=2, λ=10.

Figure 1 : Lois de Weibull (gauche) λ=10, k variant de 1 à 5 ; (droite) k=2, λ variant de 7 à 15.

Les lois de Weibull sont particulièrement utiles lorsqu’il s’agit de représenter statistiquement le caractère aléatoire de la vitesse du vent en un site donné, sans pour autant s’intéresser à l’évolution temporelle de cette vitesse. C’est le cas de l’étude d’impact que nous mènerons à l’aide du logiciel Scanner dans la troisième partie de ce rapport. La loi de Weibull peut facilement être combinée à la courbe de puissance d’un parc éolien afin d’estimer sa courbe de production annuelle. Nous introduisons donc ici cette courbe de puissance agrégée à l’échelle d’un parc.

Courbe de puissance multi-turbine.

Par rapport à une courbe de production classique, la courbe de production multi-turbine est rendue moins discontinue aux vitesses de démarrage et d’arrêt. On modélise ainsi le fait qu’au sein d’un même parc, les éoliennes ne s’arrêtent ni ne démarrent toutes en même temps. Cette courbe peut également être réalisée pour modéliser le fonctionnement d’un plus grand nombre d’éoliennes, par exemple à l’échelle d’une zone géographique entière, comme le fait la Figure 2.

Figure 2 : Modèle de courbe de puissance multi-turbine à l’échelle d’une zone.

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Effet de l’agrégation géographique des productions éoliennes

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Effet de l’agrégation géographique des productions éoliennes.

Le choix d’échelle est un facteur déterminant pour la variabilité de la production éolienne. Ainsi, pour une large distribution de parcs éoliens à l’échelle régionale, les fluctuations locales à court terme ne sont pas corrélées et se compensent largement.

Plus le réseau est grand, plus grande est la production assurée (capacity credit) : « Wind always blow somewhere ». Inversement, le risque de tempête généralisée sur tout le réseau s’amenuise. Considérer un grand réseau gomme les irrégularités locales de production mais fait jouer un important rôle de régulateur au TSO, qui doit pouvoir faire face à des transits accrus sur ses lignes.

La Figure1 illustre ce phénomène : 60% de variation horaire maximale pour un parc isolé, seulement 20% pour toute l’Allemagne. D’autres sources avancent un maximum de variation horaire de 10% pour le système Nordel (Danemark, Norvège, Suède, Finlande).


Figure 1 : Effet de l'agrégation géographique sur les fluctuations horaires de la production éolienne.


On assiste donc à un effet de lissage des productions éoliennes lorsque la zone géographique considérée s’étend. Au niveau européen, cyclones et anticyclones ont tendance à se compenser. De même, on observe sur la Figure 2 un aplatissement de la courbe de production éolienne annuelle lorsque l’échelle géographique augmente : les conditions extrêmes (très peu de vent ou beaucoup de vent) se produisent moins souvent à grande échelle. Sur la Figure 2, la courbe bleue représente les productions de toute une série de parcs éoliens onshore et offshore situés en Europe comme en Afrique du nord.


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L’énergie éolienne

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L’énergie éolienne

Introduction.
Dans le contexte actuel de renchérissement des matières premières fossiles, de lutte contre le changement climatique et d’abandon programmé de l’énergie nucléaire, l’énergie éolienne connaît actuellement au monde un essor fulgurant, principalement en Allemagne, en Espagne, en Grande-Bretagne et au Danemark. Cet engouement pour l’éolien s’explique aussi bien par le caractère gratuit et infiniment renouvelable du vent que par l’impact quasi nul sur les émissions de gaz à effet de serre et l’alternative viable aux sources de production actuelles.

Depuis 25 ans, les éoliennes ont considérablement évolué. L’énergie productible sur un site donné a été plus que décuplée et le coût du kWh a été divisé par deux. Les principales caractéristiques des éoliennes actuelles sont reprises ci-dessous, ainsi que l’impact favorable de ces améliorations sur la gestion des parcs éoliens au sein du réseau électrique.

Caractéristiques générales.

La Figure 1 montre les principaux éléments constituant une éolienne, principalement le système de transmission d’énergie (rotor, alternateur) et différents régulateurs.




Figure 1 : Schéma fonctionnel d'une éolienne.

Une éolienne est définie par sa puissance nominale, puissance maximale productible. Bien entendu, elle ne la produit que dans des conditions optimales de vent. Une caractéristique essentielle de l’éolienne est donc sa courbe de puissance caractérisant la production en fonction de la vitesse du vent. Une telle courbe est représentée ci-dessous, pour une éolienne General Electric de 3,6 MW. D’autres données sont citées au Tableau 1 pour cette même turbine, notamment les vitesses de démarrage et d’arrêt de l’éolienne (cut-in and cut-out wind speeds). La vitesse de démarrage ne requiert pas d’explication particulière ; la vitesse d’arrêt, quant à elle, correspond à la vitesse au-delà de laquelle les éléments mécaniques et électriques de l’éolienne sont soumis à des contraintes trop importantes. Par sécurité la turbine est automatiquement stoppée. Cela ne se produit que dans le cas de tempête (vent de 100 km/h dans le cas de la Figure 2).

Figure 2 : Courbe de puissance (ou courbe caractéristique puissance-vent) d'une éolienne 3.6 MW.

 
Tableau 1 : Données techniques d’une éolienne 3.6 MW.

Améliorations technologiques.

Les éoliennes construites actuellement sont de plus en plus contrôlables :

Ø  L’usage de convertisseurs permet le découplage entre la fréquence réseau (50Hz) et la vitesse de rotation du rotor.
Ø  Un système de contrôle actif des pales (active blade pitch control) permet un contrôle important de la puissance aérodynamique de l’éolienne.

Ces deux points permettent une meilleure absorption des fluctuations de vent par l’éolienne, notamment en atténuant l’impact des rafales de vent. Actuellement, l’EWEA estime que 60% des éoliennes installées dans le monde possèdent ces propriétés de contrôle. La plupart ont une vitesse de rotation qui peut varier de plus ou moins 40% autour de la vitesse de synchronisme.

Contribution des parcs éoliens à la stabilité du réseau Ces améliorations technologiques et l’impact croissant de l’énergie éolienne sur les réseaux conduisent les différents acteurs du secteur à modifier fondamentalement leur conception de la production éolienne. Alors que les éoliennes étaient auparavant vues comme des unités dont la production électrique était fatale (non modulable), les grands parcs éoliens actuels sont de plus en plus considérés comme des unités de production à part entière. A ce titre, ils doivent fournir une série de services auxiliaires à la fourniture de puissance électrique :

Ø  Contrôle des puissances actives et réactives. Cela inclut la limitation de la puissance produite en cas de congestion sur le réseau (congestion management).
Ø  Procédures de démarrage et arrêt coordonnés des turbines afin de limiter les gradients de puissance produite. Autre solution développée par Enercon : les turbines peuvent diminuer graduellement leur production entre 25 et 35 m/s.
Ø  Exigence de Fault ride through : le parc reste connecté au réseau même en cas de problème important (chute de 15% de la tension). Il contribue ainsi au maintien de la tension sur le réseau.
Ø  Participation à la réduction des pertes électriques dues à des power flows sur longue distance. Par exemple, la dispersion géographique des parcs peut conduire, par vent fort, à des pertes électriques doublées sur le réseau allemand. L’objectif est ainsi de générer une production minimisant les longs parcours inutiles. Le même principe est applicable à la puissance réactive.
Ø  Réserve de contrôle de la fréquence.
Ø  Participation à la réserve tournante. Cela suppose un contrôle actif de la puissance produite.

Variabilité de la production éolienne.

L’énergie éolienne fluctue principalement sous l’effet des conditions météorologiques. Ces fluctuations prennent place à toutes les échelles de temps : seconde, minute, heure, jour, mois, saison, année. Il est donc crucial de connaître l’impact de ces différentes échelles sur le réseau.

Variabilité à court terme.

La variabilité à court terme affecte la programmation (scheduling) des unités de production classiques, la puissance d’équilibre et la détermination des réserves nécessaires. Elle est déterminée avant tout par la météo et la dispersion géographique des parcs.
Les modèles de prévision sont de plus en plus fins et les variations horaires, ainsi qu’à 4 et 12h peuvent être assez bien prédites pour assurer une reprogrammation (rescheduling) des unités de production classiques.

De manière générale, l’impact sur le réseau des variations à court terme dépend avant tout du mix de génération (le parc est-il suffisamment flexible ?) et de la capacité de transmission à longue distance (possibilité d’égaliser à grande échelle les variations locales).
Il est à noter que la variabilité diminue avec l’extension géographique du réseau. Ainsi, la variation est considérée comme minime :

Ø  durant quelques secondes pour une grande éolienne
Ø  durant quelques dizaines de secondes pour un parc éolien
Ø  durant max 10 minutes pour une série de parcs bien dispersés.

A l’échelle de la minute.

Les variations ne sont pas ressenties par un système électrique à l’échelle régionale.

A l’échelle de l’heure.

Ces variations sont bien plus significatives ; cependant elles s’amenuisent avec la dispersion géographique et restent en général limitées à 5% de la capacité installée, à l’échelle d’un pays comme l’Irlande. Au niveau d’un réseau comme celui d’EON, ces fluctuations sont importantes, comme le montre la Figure 3.

 

Figure 3 : Fluctuations ponctuelles importantes de la production éolienne dans le réseau EON en 2003.

Les plus grandes variations horaires se produisent lors du passage d’une tempête : les turbines sont arrêtées et passent de leur puissance nominale à zéro en quelques minutes. Cela est valable dans le cas de zones géographiquement réduites (un parc offshore isolé) ; pour des zones plus étendues, cet arrêt peut prendre plusieurs heures. Par exemple : 6h pour une baisse de 2 GW à 200 MW sur une zone de 200 km², au Danemark le 08-01-05.

A l’échelle de plusieurs heures.

Ces variations peuvent être prédites avec des outils avancés (de type météo, modèles physiques ou statistiques). Pour les opérateurs, le problème n’est pas la variation de la production mais l’incertitude de la prédiction. Les cas les plus extrêmes se produisent pour une tempête dont on ne sait quelle part de la production elle arrêtera.

A l’échelle de la journée.

Il existe enfin une variation diurne de l’intensité du vent. De façon générale, le vent en Europe commence à souffler le matin et se calme dans la soirée. En Europe du Nord, cette tendance est plus prononcée en hiver, comme le montre la Figure 4

Figure 4 : Evolution diurne de la production éolienne au Danemark.
                                                               
Variabilité à long terme.

La variabilité à long terme affecte le planning stratégique de production à long terme. Elle est principalement déterminée par les variations saisonnières et annuelles et la croissance du marché de l’énergie éolienne. Ce dernier point est actuellement le principal facteur de variabilité dans certains pays – Allemagne, Danemark,
Espagne – vu le taux de croissance du marché.

A l’échelle mensuelle et saisonnière.

Le taux d’utilisation (capacity factor) d’un parc éolien varie en fonction de la saison. Pour l’Europe du Nord, ce facteur est plus élevé en hiver qu’en été, à cause des vents plus forts en cette saison. La Figure 5 illustre ce phénomène et indique également le taux d’utilisation annuel moyen du parc allemand : 20%. L’évolution attendue d’ici à 2015 est essentiellement due à l’amélioration des technologies et à la plus grande proportion d’éolien offshore dans le mix de production.

Figure 5 : Taux d’utilisation mensuels du parc éolien allemand en 2003 et 2015.

La Figure 6 présente les fréquences de production saisonnières pour les pays nordiques (Finlande, Danemark, Norvège, Suède). On constate bien que les mois d’hiver sont plus venteux que les mois d’été. La forme caractéristique de ces fréquences de production est souvent approchée par une loi de Weibull à deux paramètres (échelle et forme).

Figure 6 : Fréquence saisonnière de production éolienne dans les pays nordiques (gauche), en Finlande (droite) en 2000-2001.

A l’échelle de l’année.

Résultat intéressant : la variation pluriannuelle de la vitesse moyenne du vent sur un site donné tend à être pareille dans toute l’Europe (mais aussi USA, Australie et Japon) : elle peut être caractérisée par une loi normale centrée sur la vitesse moyenne (à très long terme) et de 6% d’écart-type.





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